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C'est une caracteristique des plus humaines que de mesurer le temps pour pouvoir prevoir, organiser, realiser des activites, qui nous engagent, vis a vis de nous-meme et surtout, vis-a-vis des autres. car il faut remarquer que l'on ne mesure jamais le temps uniquement pour nous-meme: si l'on est seul et que nous le faisons tout de meme, c'est que nous avons en vue un rendez-vous, une tache nous impliquant vis a vis des autres et ainsi de suite... ainsi l'on peut dire que la mesure du temps s'effectue suivant un critere d'utilite qui nous permet de nous situer par rapport aux autres dans le temps.
Et si utile soit-il qu'est ce qui garantit la legitimite naturelle d'un systeme de mesure du temps, ou alors plus generalement peut-on parler de l'objectivite absolue d'une mesure temporelle: combien de fois une minute nous a paru durer une eternite, une heure, une seconde. doit-on en conclure que c'est notre subjectivite qui est incapable de saisir le deroulement objectif du temps, ou bien nous faut-il etablir une distinction tranchee entre un temps qui nous serait propre, subjetif, et un temps qui serait celui de l'interaction sociale, qui serait objectif ?
On peut trouver un debut de solution en remarquant que la mesure du temps est une convention qui n'a de sens precisement parce que nous la respectons: si nous affirmons une date, celle-ci se calcule par rapport a l'annee de naissance du Christ, qui paradoxalement n'est pas ne cette annee-la mais ensuite, et si nous affirmons une heure, celle-ci se calcule par rapport a la vitesse de rotation de la terre sur elle-meme et autour du soleil qui dicte l'alternance du jour et de la nuit ce qui revient a dire que si nous avions eu une histoire differente, peut-etre n'aurait t-on pas choisi la supposee annee de naissance du Christ pour commencer notre calendrier (relativite dont temoigne la difference du calendrier arabe pour ne citer que cet exemple) et que si nous avions vecu sur une autre planete, nous n'aurions pas determine qu'une journee dure 24 heures. De fait la seule garantie de l'objectivite du temps mesure, moins que son inscription dans un suppose absolu, semble etre son respect par chacun.
Ainsi ce temps objectif que nous mesurons semble etre une veritable convention permettant aux hommes de s'organiser entre eux. A cela s'opposerait donc notre saisie subjective du temps qui ne presente pas veritablement de limites mesurables, ce qui explique ces distorsions dont nous sommes l'objet, lorsque une heure de cours se transforme en eternite, ou bien qu'un bon moment nous semble toujours trop court.
de fait comment comprendre la difference entre ces deux formes de temporalite qui tout en s'opposant, se completent dans notre vie ? comment comprendre qu'il ne nous est pas possible de mesurer objectivement la saisie subjective que nous avons du temps ? et surtout quelles consequences ces considerations pourront avoir ces reflexions quand a notre vie propre ?
Nous tenterons donc d'amener une reponse a ces questions en reprenant les analyses bergsonniennes du temps, tirees de "la pensee et le mouvant" et "l'essai sur les donnees immediates de la conscience".
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